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Points clés à retenir
- Toujours démarrer sans percussion, à vitesse lente
- Coller un ruban adhésif sur le point de perçage évite le ripage
- Foret carbure pour la faïence, diamanté pour le grès cérame
- Faire des pauses régulières pour refroidir le foret
- Reprendre avec un foret adapté une fois l’émail traversé
Comprendre le carrelage avant de percer
Vous avez un carrelage devant vous, une perceuse à la main, et l’envie d’aller vite. Sur le chantier, on dit souvent que percer du carrelage n’a rien à voir avec percer un mur classique. La première seconde décide de tout.
Ce que je vois trop souvent, c’est un foret qui glisse, un carreau qui éclate, et un client qui découvre l’ampleur des dégâts trop tard. La couche d’émail en surface est lisse et dure, mais elle est aussi cassante. C’est elle qui pose problème, pas le corps du carreau.
Pourquoi l’émail fragilise le départ du trou
L’émail est une fine couche vitrifiée cuite à haute température. Elle est dure, donc le foret ripe dessus au lieu d’accrocher. Sans accroche, la mèche part en biais et raye ou fissure la surface avant même d’entamer le carreau.
Le point de départ est le moment le plus délicat de toute l’opération. Une fois l’émail traversé, le reste du perçage devient nettement plus simple.
Différences utiles entre faïence, grès cérame et carrelage mural
La faïence, posée en général sur les murs de salle de bain ou de cuisine, est tendre et poreuse sous son émail. Elle se perce facilement une fois le départ maîtrisé.
Le grès cérame, lui, équipe surtout les sols. Il est beaucoup plus dur et compact, presque vitrifié dans la masse. Il demande un foret adapté et davantage de patience, sous peine de faire chauffer l’outil pour rien.
Zones à risque près des bords, des joints et des angles
Un carreau tient par la matière qui l’entoure. Percer à moins de 2 à 3 cm d’un bord ou d’un angle multiplie le risque de fissure, car il manque de matière pour absorber la pression.
Erreur fréquente : vouloir centrer un trou pile sur un joint. Le joint ne tient rien, et le foret y trouve un point de moindre résistance qui le fait dévier vers le carreau voisin.

Choisir le bon foret
Avant de sortir le chéquier, vérifiez d’abord quel foret est adapté à votre carrelage et au diamètre visé. C’est le genre de détail qui change tout entre un perçage propre et un carreau à remplacer.
La chaîne Bricolage Facile détaille en vidéo les gestes clés pour choisir et utiliser le bon foret sans casser le carrelage.
Foret carrelage, foret à faïence ou mèche diamantée
Pour une faïence murale classique, un foret carbure spécial carrelage suffit largement. Sa pointe plate en carbure de tungstène traverse l’émail sans dévier.
Pour du grès cérame ou un carrelage très dur, je passe directement à une mèche diamantée. Elle use la matière par abrasion plutôt que par coupe, ce qui évite l’éclatement sur les surfaces les plus résistantes.
Quand utiliser une couronne diamantée pour les gros diamètres
Au-delà de 15 à 20 mm, oubliez le foret classique. Une couronne diamantée (ou scie-cloche diamantée) est indispensable pour des trous de spot encastré, de VMC ou d’évacuation.
Elle attaque le carreau en périphérie plutôt qu’en son centre, ce qui répartit la pression et limite fortement le risque de fissure sur un gros diamètre.
Pourquoi un foret béton ne convient pas au démarrage
J’ai vu des particuliers attaquer un carrelage directement au foret béton, celui à pointe en croix qu’on utilise pour le mur brut. Résultat garanti : la pointe glisse sur l’émail et le carreau part en éclats dès les premières secondes.
Le foret béton a sa place, mais uniquement une fois l’émail traversé, pour reprendre le perçage dans le support derrière le carreau.
| Type de carreau | Foret recommandé | Diamètre max conseillé |
|---|---|---|
| Faïence murale | Foret carbure carrelage | 12 mm |
| Grès cérame | Mèche diamantée | 14 mm |
| Gros diamètre (spot, VMC) | Couronne diamantée | 60 mm et plus |
Préparer le perçage sans casse
Soyons honnêtes : la moitié des ratés que je constate viennent d’une préparation bâclée, pas d’un mauvais outil. Deux minutes de préparation évitent souvent un carreau cassé.
Repérage précis et marquage du point de perçage
Mesurez deux fois, marquez au feutre fin ou au crayon gras. Un repère imprécis de quelques millimètres peut suffire à faire retomber le trou sur un joint ou un bord fragile.
Adhésif de masquage pour limiter le ripage
Collez un morceau de ruban adhésif sur le point de perçage avant de démarrer. Certains posent deux couches en croix pour un maintien encore meilleur sur une surface très glissante.
Ce ruban crée une accroche mécanique pour la pointe du foret au tout premier contact. C’est un geste simple qui règle une bonne partie des problèmes de démarrage.
Vérification des canalisations et des câbles avant de commencer
Avant tout perçage mural, un détecteur de métaux et de câbles électriques est indispensable. En salle de bain et en cuisine, les canalisations d’eau et les gaines électriques courent souvent juste derrière le carrelage, en particulier près des points d’eau.
Percer étape par étape
En rénovation, la règle d’or c’est de ne jamais brusquer les premières secondes. Voici la méthode que j’applique sur tous mes chantiers.
- Positionnez la perceuse perpendiculairement au carreau, foret posé sur le ruban adhésif.
- Démarrez à vitesse lente, autour de 500 tours par minute, avec une pression modérée et constante.
- Maintenez l’axe bien perpendiculaire jusqu’à sentir l’émail céder sous la pointe.
- Une fois l’émail traversé, augmentez légèrement la vitesse pour continuer dans le support.
Démarrage à vitesse lente et pression modérée
La vitesse est l’ennemie du démarrage. Plus le foret tourne vite au premier contact, plus il chauffe et plus il ripe. Une vitesse basse laisse le temps à la pointe carbure ou diamantée de mordre la matière progressivement.
Maintien de l’axe perpendiculaire au carreau
Un foret qui penche, même de quelques degrés, exerce une pression asymétrique sur le carreau. C’est souvent l’angle, plus que la vitesse, qui provoque la fissure.
Passage de l’émail et reprise sur le support derrière le carreau
Une fois l’émail percé, vous sentez une nette baisse de résistance. C’est le signal pour reprendre avec un foret adapté au support (béton, plâtre, brique) derrière le carreau, souvent avec un diamètre légèrement inférieur pour bien ajuster la cheville ensuite.
Éviter la fissure et la surchauffe
Je l’ai appris à mes dépens sur un chantier en 2013 : un client pressé, une percussion activée par réflexe, et un carreau de faïence italienne fendu en deux. Cette erreur ne pardonne pas.
Pourquoi il ne faut jamais activer la percussion
Le mode percussion est fait pour le béton et la pierre, pas pour le carrelage. Les micro-impacts répétés se propagent dans la structure cristalline de l’émail et provoquent des fissures en étoile, parfois invisibles avant plusieurs jours.
Restez impérativement en mode rotation simple, sans percussion, du début à la fin du perçage du carreau.
Pause, arrosage léger et refroidissement du foret
Sur une mèche diamantée en particulier, faites une pause régulière toutes les dix à quinze secondes. Un léger arrosage à l’eau ou un passage dans une éponge humide refroidit le foret et prolonge sa durée de vie.
Un foret qui chauffe perd son tranchant plus vite, et la chaleur transmise au carreau augmente le risque de fissure par choc thermique.
Signes d’alerte d’un carreau qui commence à éclater
Un bruit sec, une vibration inhabituelle ou de la poudre blanche fine qui remonte en excès sont des signaux à prendre au sérieux. Arrêtez-vous, retirez le foret et inspectez le pourtour du trou avant de continuer.
Adapter la méthode au mur et au trou voulu
La même logique de base s’applique partout, mais chaque contexte a ses ajustements. Ce que je vois trop souvent, c’est un bricoleur qui applique la méthode d’un mur de garage à une faïence de salle de bain.
Percer une faïence murale de salle de bain
La faïence de salle de bain est en général plus fine et plus fragile que celle d’une cuisine. Réduisez encore la pression au démarrage, et préférez systématiquement un foret carbure neuf : un foret usé glisse davantage et augmente le risque de casse.
Percer pour cheville, fixation légère ou accessoire lourd
Pour un accessoire léger comme un porte-serviette, un petit diamètre suffit. Pour une fixation lourde (meuble suspendu, barre de douche chargée), le choix du support derrière le carreau compte davantage que le diamètre lui-même.
Gérer les petits et les grands diamètres
En dessous de 8 mm, un simple foret carbure fait l’affaire dans la grande majorité des cas. Au-delà de 15 mm, la couronne diamantée devient nécessaire pour répartir l’effort et éviter que le carreau ne parte en morceaux sous la pression d’un foret classique surdimensionné.
Réussir la finition et la fixation
Un trou bien percé mais mal fini reste un travail à moitié fait. La finition conditionne la tenue de la fixation sur le long terme.
Nettoyer l’orifice sans écailler le bord
Passez un pinceau souple ou une petite brosse pour retirer la poussière, plutôt que de souffler ou de gratter au tournevis. Un geste brusque sur le pourtour peut écailler l’émail juste au moment où le trou est terminé.
Choisir la cheville adaptée au support derrière le carrelage
La cheville doit correspondre au support réel, pas au carrelage. Une cloison en placo, un mur en brique creuse et un mur en béton plein n’acceptent pas la même cheville, même pour un diamètre de trou identique.
Vérifier la tenue avant de serrer définitivement
Insérez la cheville, vissez à la main pour tester la résistance, puis serrez progressivement à la visseuse. Un serrage trop rapide ou trop fort peut faire éclater le carreau autour d’un trou pourtant parfaitement exécuté.



