Mygale de Provence : identification, habitat et dangerosité

Mygale de Provence brune et velue à l'entrée de son terrier dans un sol sablonneux méditerranéen

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Points clés à retenir

  • La femelle mesure 2 à 4 cm de corps, bien loin des mygales exotiques
  • Elle passe 99 % de sa vie dans un terrier tapissé de soie
  • Son venin est bénin, la morsure ne survient qu’en cas de manipulation
  • Ne pas la confondre avec la mygale andalouse, la Nemesia ou la Lycose de Narbonne
  • En cas de rencontre, relâchez-la à 50 m au moins des habitations

Qu’est-ce que la mygale de Provence (Atypus affinis) ?

La mygale de Provence porte le nom scientifique d’Atypus affinis. Elle appartient au sous-ordre des Mygalomorphae, celui des vraies mygales, contrairement à d’autres araignées qu’on lui colle trop souvent sur le dos.

Sur le chantier, on dit souvent que les vieilles pierres cachent plus de bestioles qu’on ne le croit. Cette araignée vit dans les régions méditerranéennes, sur les sols secs et rocailleux du sud de la France, du Var au Vaucluse en passant par les Bouches-du-Rhône.

Ce que je vois trop souvent, c’est une confusion totale entre les espèces locales. La mygale de Provence reste pourtant très peu observée, malgré sa présence réelle sur le territoire. Sa discrétion s’explique par un mode de vie presque exclusivement souterrain, loin des regards.

Mygale de Provence : les repères clés : Identification, Habitat, Terrier, Dangerosité, Confusions à éviter

À quoi ressemble-t-elle : taille, couleur, corps

Soyons honnêtes : cette araignée n’a rien d’un monstre. La femelle mesure entre 2 et 4 cm de corps selon les sources, avec un maximum autour de 30 mm pour les individus les plus grands. Le mâle est plus petit et nettement plus élancé.

Pattes comprises, l’envergure atteint 7 à 10 cm au maximum. Le corps reste trapu, velu, de couleur brune à noire, ce qui lui permet de se fondre dans les sols caillouteux.

Comparée à une araignée de jardin classique, elle paraît déjà imposante. Mais face aux mygales exotiques, la différence est nette : ces dernières atteignent 8 à 10 cm de corps, et certaines espèces sud-américaines dépassent les 30 cm d’envergure. Rien à voir avec notre espèce provençale.

Où et comment vit-elle : habitat et terrier

La mygale de Provence s’installe dans les sols sablonneux et bien drainés, typiques du maquis méditerranéen. Elle y creuse un terrier vertical qu’elle tapisse de soie sur toute sa longueur.

Les sources divergent sur la profondeur exacte : certaines évoquent des galeries de 40 cm, d’autres des tunnels de 20 à 30 cm. Retenez plutôt une fourchette qu’un chiffre unique, la variation dépend probablement du sol et de l’âge de l’individu. Le diamètre, lui, tourne autour de 2 cm.

C’est le genre de détail qui change tout dans le mode de vie : cette araignée passe 99 % de son existence dans sa galerie. Elle ne sort quasiment jamais en surface, sauf de nuit et brièvement pour chasser.

Comment elle chasse et se nourrit

La technique de chasse repose entièrement sur l’affût. Postée à l’entrée de son terrier, tapissé de soie, la mygale de Provence guette les vibrations d’un insecte qui passe à proximité.

Dès qu’une proie s’approche, elle bondit, mord et retourne aussitôt dans sa galerie pour consommer sa capture à l’abri. La soie qui tapisse les parois facilite cette remontée rapide vers la surface. L’activité reste strictement nocturne, ce qui explique pourquoi on la croise si rarement en journée.

Ses proies sont des insectes communs du sol : coléoptères, fourmis, petits arthropodes qui circulent près de l’entrée du terrier.

Reproduction et durée de vie

Le mâle quitte son terrier une seule fois dans sa vie, à la recherche d’une femelle, un déplacement risqué qui réduit fortement son espérance de vie. La femelle, elle, reste sédentaire toute son existence.

Cette différence de comportement explique un écart de longévité important. Les femelles peuvent vivre entre 10 et 20 ans, un chiffre qui surprend pour une araignée de cette taille. Le mâle, en revanche, meurt généralement peu de temps après l’accouplement.

Est-elle dangereuse ? Morsure et venin

Avant de sortir le chéquier pour un traitement anti-nuisibles quelconque, sachez que son venin est bénin pour l’homme. Toutes les sources s’accordent sur ce point : la morsure reste rare et survient uniquement en cas de manipulation forcée.

Erreur fréquente : vouloir déloger soi-même une mygale à mains nues. Méfiez-vous en particulier des individus de taille assez grande, parfois plus de 20 mm, qui peuvent parvenir à mordre malgré leur discrétion habituelle.

Si la morsure survient, la douleur reste généralement limitée. Consultez toutefois un médecin si la douleur est très intense et persistante au-delà de 24 heures, si des signes d’infection locale apparaissent, ou si vous êtes connu pour être allergique aux venins d’arthropodes.

Ne pas la confondre avec d’autres araignées de Provence

C’est le point que je trouve le plus mal traité ailleurs. On mélange allègrement quatre espèces différentes sous le même mot « mygale », et ça crée plus de confusion que d’information utile.

La mygale andalouse (Macrothele calpeiana), découverte récemment dans le Vaucluse, n’a rien à voir avec l’espèce provençale : elle est nettement plus grande, avec un corps qui peut atteindre 4 cm et une envergure de 8 à 10 cm pour les femelles adultes. Les mygales maçonnes du genre Nemesia, elles, sont de vraies mygales locales mais d’une autre famille, également terricoles.

La Lycose de Narbonne, souvent appelée tarentule, n’est en revanche pas une mygale au sens taxonomique : c’est un aranéomorphe. Son corps élancé, ses motifs rayés et ses gros yeux sur fond brunâtre la trahissent, malgré une taille comparable, jusqu’à 4 cm.

EspèceTaille corpsVraie mygale ?Habitat
Mygale de Provence (Atypus affinis)2 à 4 cmOuiSols secs, terrier vertical
Mygale andalouse (Macrothele calpeiana)Jusqu’à 4 cmOuiMilieux humides, sous pierres
Mygale maçonne (Nemesia sp.)Variable, proche d’AtypusOuiTerrier avec trappe de soie
Lycose de Narbonne (tarentule)Jusqu’à 4 cmNon, aranéomorpheTerrier à ciel ouvert, garrigue

Pour visualiser une vraie mygale maçonne provençale et comprendre en quoi son terrier diffère, cette vidéo de Plantecarnivore détaille le sujet en images.

Que faire si vous en croisez une chez vous

En rénovation, la règle d’or c’est de ne jamais agir dans la précipitation, et ça vaut aussi pour une araignée trouvée dans un vieux mur ou une dépendance. La mygale de Provence n’est pas agressive : inutile de la traiter comme une menace.

Si vous devez la déplacer, faites-le avec un récipient plutôt qu’à mains nues. Relâchez-la à l’extérieur, dans un endroit rocheux ou broussailleux, à au moins 50 mètres des habitations, pour qu’elle puisse recreuser un terrier sans revenir immédiatement.

Je l’ai appris à mes dépens sur un chantier en 2013 : déranger un terrier sans précaution abîme la galerie de soie et force l’animal à tout reconstruire. Mieux vaut la laisser tranquille si elle est déjà installée dans un coin peu fréquenté du jardin.

Questions fréquentes

Mygale de Provence bébé : à quoi ça ressemble ?

Un jeune individu ressemble à une version miniature de l’adulte : corps trapu, couleur brune à noire, mais en taille très réduite. Les juvéniles se dispersent après l’éclosion pour creuser leur propre terrier, souvent à quelques mètres seulement du nid maternel.

Quelle est la différence entre la mygale de Provence et la mygale andalouse ?

La mygale de Provence reste plus petite, avec un corps de 2 à 4 cm, et vit dans les sols secs et sablonneux du littoral méditerranéen. La mygale andalouse est plus grande, jusqu’à 4 cm de corps pour une envergure de 8 à 10 cm, et a été identifiée plus récemment dans le Vaucluse, dans des milieux souvent plus humides.

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